Voici que tu concevras dans ton sein et enfanteras un fils et tu l'appeleras du nom de Jesus - Joseph se leva, prit avec lui l'enfant et sa mère, de nuit, et se retira en Egypte - D'Egypte j'ai appelé mon fils - Elle enfanta son fils premier né, l'enveloppa de langes et le coucha dans une crèche, parce qu'ils manquaient de place dans la salle - L'enfant grandissait, se fortifiait et se remplissait de sagesse et la grâce de Dieu était sur lui - Tu es mon fils, moi, aujourd'hui, je t'ai engendré -

Ce site est un lieu familial. Il s'adresse à tous ceux, croyants, non-croyants, pratiquants ou non pratiquants, qui partagent nos valeurs chrétiennes. Vous y trouverez des rubriques sur les grands moments de notre vie catholique (baptême, Spécial Noël), des actualités, des témoignages, des sujets de société, des liens, des textes d'Eglise.
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Jeunesse et société

Collège d'état : le pire ou le meilleur ?  

Cela faisait déjà un bon bout de temps que j'avais envie d'aborder ce sujet de société et ce, à la suite de deux constatations :

- l'image véhiculée par les medias est plutôt noire et l'opinion négative se répand chez mes concitoyens sans même que ceux-ci aient pu la vérifier, choisissant alors le privé
- les enfants de la catéchèse vont pour la grande majorité en école privée surtout au moment de l'entrée au collège.

Il n'est pas question de mettre en concurrence école publique et école libre. En tant que catholique, je me réjouis du succès rencontré par l'école catholique privée qui lui permet ainsi de mettre en relation avec notre religion des enfants éloignés de l'Eglise et je lui souhaite un développement encore croissant dans les années à venir en espérant qu'il soit le lieu de toutes les classes sociales réunies. Le conflit école catholique/école laïque républicaine me semble maintenant obsolète. Je veux simplement donner mon avis de mère de famille dont les deux enfants sont scolarisés en public, (école maternelle, primaire puis collège) malgré le pire entendu sur les établissements fréquentés, mais qui s'est dit "tant pis, j'essaie et on verra bien...".
 J'habite en banlieue sud parisienne, dans une ville où le parc hlm est très important, ce qui n'en fait donc pas une "ville calme sans problème". Elle n'est toutefois pas représentative des villes ultra sensibles et son collège n'est pas situé en ZEP. Pour l'instant nos voitures ne flambent pas à la nuit tombée. Il faut donc en tenir compte dans ma "réhabilitation" du collège public. Il est évident que si nous avions constaté que les agressions et rackets y étaient fréquents, mon mari et moi n'aurions pas pris le risque d'y inscrire nos enfants.

   

Pourquoi ce choix ? 
La gratuité et proximité ont été nos critères "pratiques" de choix, qui ont primé sur les rumeurs négatives concernant l'établissement. Nos revenus auraient permis la scolarisation en privé d'un seul enfant, ou des deux mais au prix d'un grand sacrifice pour tous. Situé environ 1/4 d'heure à pied de notre domicile, nos enfants s'y rendent seuls. Encore plus significatif lors de l'école primaire située en face de notre habitation, cet avantage leur a permis d'acquérir une autonomie dès le plus jeune âge. Une fois ces conditions prioritaires remplies, il fallait que le reste s'adapte à notre attente de ce que doit offrir un établissement scolaire à nos enfants : une chance pour l'avenir donc un savoir, mais aussi la construction d'une personnalité qui ne soit ni un handicap pour la réussite sociale, ni contraire à nos valeurs familiales. S'il s'était avéré que c'était impossible, alors adieu gratuité et proximité ! le choix était à refaire.

Que s'y passe t-il ?
Activités para-scolaires, responsabilité de l'élève, relations parents/enfants/enseignants.
Ce que je vais décrire ressemble à ce que beaucoup connaissent mais montrera justement que le collège public de banlieue n'est pas l'endroit de tous les dangers et peut offrir autant qu'un autre.
Dans le collège de mes enfants, la population est plutôt de milieu moyen et défavorisé, ce qui a des conséquence directes sur des critères qualitatifs du collège, sans que ce dernier n'en soit la cause. Les remèdes apportés peuvent être un "plus" pour l'élève issu de famille défavorisée mais aussi pour celui qui ne rencontre pas de problèmes sociaux. Il y a une volonté de responsabiliser l'adolescent, de le faire participer aux décisions, de le vouloir partenaire du collège. Le règlement intérieur doit être signé dès la rentrée des classes par les parents et par l'élève. Ce dernier doit d'ailleurs remettre sa signature. L'accent est mis sur les relations avec les parents. Le carnet de correspondance, les convocations, les réunions, la remise commentée des bulletins trimestriels par les professeurs en mains propres aux parents, sont autant d'atouts permettant une bonne collaboration. Le parent qui rencontre un problème est bien accueilli, ses courriers sont lus avec attention. J'ai ainsi pu obtenir que le double choix de menu soit proposé à tous les élèves les jour de repas avec porc, afin que cela n'entraine pas un mensonge(ma fille et sa copine se disaient musulmanes pour avoir les nuggets de dinde au lieu du roti de porc). Une réponse de la Principale suivait avec la décision de proposer double menu, dans le respect de la laïcité. Encore un point positif : lorsque je vais chercher le bulletin de mes enfants, je suis dans ma ville, et je connais beaucoup de parents depuis les années de maternelle de nos enfants. Aussi, le couloir devient une petite salle de bavardages, un lieu de vie.
Il existe le journal du collège tenu par les élèves et encadré par un moniteur. La rédaction et l'aspect technique deviennent la réalisation des collégiens. Journal sympa et vendu chaque mois à la porte de l'établissement (à l'intérieur) par les jeunes.
En 5ème, différents modules sont proposés ans l'emploi du temps scolaire. Au choix : Presse, informatique, radio, cinéma, sport, Unesco.
L'association sportivepermet aux jeunes de pratiquer un sport contre une somme modique. Parmi les sports proposés : badminton, sport nature, ping pong danse, trempoline. 3 heures environ par semaine. Des rencontres inter-collèges sont organisées.
Beaucoup de voyages sont proposés aux élèves dans le cadres des activités scolaires ou para-scolaires. L'équipe cinéma a pu partir au festival de Cannes il y a deux ans avec leur photo dans le journal Le Parisien. Le départ a eu lieu dans une ambiance des plus sympathiques où parents, professeurs, élèves se retrouvaient à un niveau relationnel égal. Enthousiasme à son comble. Il y a eu également le voyage Grèce et Italie (Rome) pour les adeptes des langues anciennes. Beaucoup de voyages sont proposés à l'initiative de la classe et du professeur. Une partie financière est en général attribuée par le département et la municipalité, l'autre partie est à la charge des parents. Cette part parentale est parfois lourde pour une famille, aussi les élèves organisent des ventes pour financer le voyage : gateaux, cartes de voeux etc...  A noter que tous les élèves participent à cette quête d'argent et non pas uniquement ceux des famille concernées. Bon apprentissage du partage, de l'autonomie, du sens de l'initiative, de la solidarité.


Le Niveau d'étude
Il fait bien sûr partie des critères de choix essentiels pour ceux qui ont préféré mettre leurs enfants en privé mais reste aussi notre priorité pour nous parents du public. Or, un niveau plutôt faible est la conséquence de ghettos qui se crèent peu à peu lorsque les parents boudent le collège d'état et non le fait d'un personnel enseignant de moindre qualité. Lorsque les familles aisées disparaissent, le niveau baisse. Lorsque les familles moyennes, désireuses d'offrir le maximum de chances à leurs enfants choisissent à leur tour le privé, c'est encore le niveau du public qui baisse. A noter qu'on peut trouver aussi de très bons élèves parmi ceux issus de milieux défavorisés mais c'est plus rare. L'environnement fait que le niveau de ces élèves devient médiocre. Le collège reste cependant une chance par la qualité de l'enseignement -aussi bonne qu'ailleurs- lorsque réalisée dans de bonnes conditions. Le collège ne peut pas faire de miracles même s'il obtient de bons résultats souvent négligés par les médias. Lorsqu'il y a gros handicap au départ, le résultat peut sembler dérisoire aux yeux de beaucoup alors qu'il est une réussite. Toutefois, plus les collèges deviendront des ghettos par la désertification souvent injustifiée au moment du passage primaire-secondaire d'une grande partie des classes élevées et moyennes, plus les chances se réduisent, plus les fossés se creusent entre populations, plus les risques d'insécurité, de rebellions se développent puisque des populations différentes n'ont plus aucun contact.
Le niveau du collège où sont scolarisés nos enfants est plutôt moyen mais il ne faut pas confondre niveau moyen d'une classe avec programmes et cours administrés par l'enseignant. Un bon élève sérieux restera ailleurs un bon élève sérieux qui a toutes les chances de réussir ses études même s'il a le sentiment qu'il ne fait plus partie de l'élite en changeant d'établissement. Il fera partie des "moyens" parce que le niveau général du nouvel établissement est plus performant mais ses connaissances restent acquises. Il y a aussi tous ceux qui choisissent le privé pour la filière "lycée réputé et bonnes grandes écoles" du supérieur. Si un enfant a des capacités, s'il est sérieux et courageux, l'enseignement d'état lui fournira la chance d'y arriver même à partir d'un collège et lycée de banlieue modeste -si celui-ci ne figure pas au palmarès des endroits dangereux. S'il est excellent, voire surdoué, mieux vaut évidemment lui trouver un établissement spécifique de haut niveau, qui lui permettra un bon épanouissement.


Insécurité
Gros problème mais problème général dont le champ de mauvaise action s'étend bien au delà des enceintes d'un collège.
il faut absolument interdire à des élements perturbateurs d'empécher les élèves d'écouter et les enseignants d'enseigner. C'est une priorité absolue. Le risque est beaucoup plus grand en collège public de certaines banlieues. Si cela devient impossible, si l'élève ne peut plus apprendre en cours, mieux vaut s'en aller. Ce n'est pas le cas dans le collège de nos enfants malgré les rumeurs, cause de plus d'un départ école primaire publique vers le privé. Il faut donc "essayer" pour se faire une opinion. En ce qui concerne les agressions, notre fille en 3 ans et demi de présence, n'en a connu qu'une violente entre deux jeunes. Il existe cependant des incivilités fréquentes tel que violence verbales, chicaneries, bousculades, insolence envers les professeurs, bombes lacrymo dans les couloirs (deux fois par an environ), petits vols, et vol d'un magnétoscope. Des professeurs sans autorité voient leur classe devenir un vrai bazar, alors que d'autres avec les mêmes éléments se font respecter. Pour les rackets, il y a eu deux affaires plus sans doute toutes celles que nous ne connaissons pas. Les collèges de banlieue à problèmes doivent plus qu'ailleurs faire régner l'ordre tout en incitant le jeune à respecter de lui-même les droits des autres. Les chefs d'établissement et les enseignants doivent absolument être formés pour cela, et les moyens doivent être donnés pour que la sécurité règne : surveillants, police de proximité. Lorsqu'un professeur n'a pas les épaules assez larges pour se faire respecter, il n'a pas à être pénalisé. Il a choisi d'etre un enseignant et non un "rambo". Il faudrait envisager sa mutation dans un quartier moins sensible, l'attribution de classes plus jeunes, plus faciles, l'assistance d'un surveillant pendant les cours. Mais l'insécurité reste un problème pour tous, et le collégien même inscrit dans un bon établissement fréquentable peut courir un risque en chemin. Quelques beaux mais rares témoignages de la part de ma fille où on peut voir des "voyous" se métamorphoser viennent heureusement planter quelques fleurs dans un terrain souvent broussailleux. 

Valeurs familiales et vie de foi  
Pour les familles catholiques pratiquantes, le choix d'un collège catholique peut être motivé par le fait que la catéchèse sera assurée sur place, les valeurs chrétiennes seront données en complément de celles reçues chez soi.
Il m'est difficile de juger n'ayant pas l'expérience du collège privé. Sur ce sujet, le collège d'état reste un grand défi pour le jeune chrétien. Il risque c'est vrai d'avoir honte de sa religion pour des raisons que seules les ado peuvent comprendre et de s'en éloigner peu à peu. Mais il peut s'y attacher plus encore car il sera confronté à celles des autres, plus visibles, plus identitaires qui le pousseront à approfondir sa vie de foi. Le risque de changer de religion pour une autre sera plus faible pour le jeune catholique pratiquant. La nouvelle religion vient souvent s'implanter sur un terrain vierge. En 6ème, et en histoire en général, lorsque sera abordé le passé chrétien de notre pays et de l'Europe, le jeune catholique sera plus à l'aise et lèvera le doigt plus souvent. Il aura toujours l'aumônerie de sa paroisse pour continuer s'il le souhaite une catéchèse et une prépa à la confirmation, ce qui lui permettra de s'y intégrer et de la faire ainsi bénéficier de générations différentes. 
En ce qui concerne le discours éducatif du collège public en matière de moeurs, il peut être contraire à ce que l'Eglise nous enseigne sur des sujets tels vie sexuelle, avortement, ...En réalité, ce type de sujet abordé a été très rare et n'a eu que peu d'influences sur mes enfants. Au contraire, cela a permis chez nous des discussions, des approfondissements de nos valeurs et surtout des explications de notre choix. La fréquentation de jeunes ne partageant pas nos valeurs peut orienter nos enfants dans un sens qui n'est pas le bon mais le danger existe partout. C'est un risque à prendre. Ce risque des différences permet aussi l'ouverture, l'amitié pour celui qui ne pense pas comme nous, et favorise la tolérance. C'est aussi l'endroit où ma fille qui disait à ses copines son ras le bol de la religion a eu pour réponse d'une d'entre elle, non chrétienne, "tu es folle, ne la quitte pas, ta religion est super". C'est l'endroit où on a connu le copain musulman qui vient participer à une journée scoute.
C'est le risque et la surprise des évangiles.



 

Académie de Créteil : le collège en chiffres

 

Département

Nbre d'étab.

Nbre d'élèves

public

privé

public

privé

Seine-et-Marne :

119

21

67780

8994

Seine-Saint-Denis

116

28

69578

9588

Val-de-Marne

101

27

51039

9700

 

 

Résultats au brevet des collèges

 

Seine et Marne : 74,9 %

Seine St Denis : 67,6 %

Val de Marne : 79,5 %

 

 

 

14/12/01

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